Gypaète barbu
Gypaetus barbatus - Bearded Vulture
Description de la famille
Les Accipitridés sont une famille de rapaces diurnes présente sur tous les continents, excepté l'Antarctique. Leur taille va de petite à grande.
Ils ont en commun :
- un dimorphisme sexuel, le mâle étant plus petit que la femelle,
- une vision binoculaire importante, permettant un repérag... lire la suite
Identification
Le Gypaète barbu est le plus grand vautour de la faune européenne. Le mot gypaète vient du grec et signifie "vautour-aigle", vautour par le régime alimentaire, aigle par les tarses emplumés. Le suffixe "barbu" lui vient des touffes de plumes noires de part et d'autre du bec formant "barbe".
Les sexes sont semblables. La femelle est simplement un peu plus grande que le mâle.
Le plus souvent, le contact visuel avec cet oiseau a lieu alors qu'il est en vol. L'identification est facile du fait de la silhouette typique : de longues ailes pointues et une longue queue équivalent à la largeur de l'aile et cunéiforme.
A distance raisonnable, on notera l'aspect bicolore de l'oiseau s'il est adulte. En vue de dessus, il apparait entièrement gris ardoise, exceptée la tête pâle. Le dos et les couvertures alaires sont presque noirs. En vue de dessous, le corps apparait ocre jaune, les ailes et la queue gris ardoise, avec les couvertures sous-alaires noires. On pourra noter une esquisse de collier pectoral plus ou moins marqué.
Si on a la chance de le voir posé, la tête roux pâle montre un oeil jaune pâle cerclé de rouge et inscrit dans un bandeau noir, un bec corne bien crochu, enfin deux barbichettes noires dans le prolongement du bandeau.
Contrairement aux autres vautours, les tarses sont assez courts et emplumés.
Le juvénile a la même silhouette que l'adulte, mais un plumage très différent. Il parait entièrement brun sombre avec la tête noire.
Il lui faudra 6 ou 7 ans pour acquérir son plumage adulte. Entretemps, il passera par des plumages intermédiaires caractérisés par une augmentation des zones pâles sur les parties inférieures et un éclaircissement progressif de la tête.
Indications subspécifiques 2 sous-espèces
- Gypaetus barbatus barbatus (s Europe and nw Africa to ne China through the Himalayas to Nepal and w Pakistan)
- Gypaetus barbatus meridionalis (sw Arabia, ne, e and s Africa)
Noms étrangers
- Bearded Vulture,
- Quebrantahuesos,
- brita-ossos,
- Bartgeier,
- saskeselyű,
- Lammergier,
- Gipeto,
- lammgam,
- Lammegribb,
- bradáň žltohlavý,
- orlosup bradatý,
- Lammegrib,
- partakorppikotka,
- Baardaasvoël (Lammergeier),
- trencalòs,
- Lambagammur,
- orłosęp,
- bārdainais grifs,
- brkati ser,
- Бородач,
- ヒゲワシ,
- 胡兀鹫,
- lammgam,
- 鬍兀鷲,
Voix chant et cris
Habitat
Le Gypaète barbu est un montagnard. En effet, il a besoin de falaises pour passer la nuit et établir son nid.
Comme l'ont montré les suivis d'oiseaux marqués, les adultes ont un territoire restreint (250 à 300 km2) alors que les autres (des juvéniles aux subadultes), moins attachés à un territoire et plus vagabonds (100 fois plus grand)
La hauteur des reliefs occupés à l'échelle mondiale va de 400 à plus de 4000 m. Il a déjà été observé à plus de 8000 m dans l'Himalaya.
Comportement traits de caractère
Le Gypaète barbu est une espèce sédentaire qui vit toute l'année dans sa montagne. Ce rapace majestueux vit en couple stable à l'âge adulte.
L'espérance de vie d'un gypaète étant d'une quarantaine d'années et la reproduction n'intervenant qu'à partir de sa 7ème année, les liens du couple ont le temps de se renforcer. Ceci a une incidence positive sur le succès reproducteur qui reste néanmoins inférieur à 1 jeune par couple reproducteur. La longévité est donc un facteur biologique essentiel.Les immatures sont moins attachés aux territoires et plus sociables.
Le gypaète est souvent nommé en France "le casseur d'os". Son nom espagnol "quebrentahuesos" en est la traduction littérale. En effet, le gypaète est connu pour se nourrir des restes de carcasses après que les autres carnivores, mammifères et oiseaux, s'en soient nourris. Il lui reste donc les os et leurs ligaments. Si un os est trop gros pour être avalé, le gypaète s'envole avec lui et le laisse tomber de haut sur les rochers afin de le casser, d'où son nom vernaculaire.
Ce régime peut l'amener à fréquenter le voisinage de l'homme dans les pays où subsistent des décharges à ciel ouvert où il peut trouver des restes d'animaux de boucherie par exemple.
Vol
De par la morphologie de ses ailes et leur grande surface portante, le gypaète est un planeur hors pair. Il peut planer des heures sans effort et atteindre une haute altitude. Il doit planer longuement pour trouver sa nourriture, guidé probablement en cela par le bal des charognards, vautours, milans et autres corvidés.
Alimentationmode et régime
Le Gypaète barbu est nécrophage comme les vautours. Il se nourrit sur les carcasses de mammifères sauvages ou domestiques mais, contrairement aux vautours qui se nourrissent en groupe des parties molles des proies mortes, lui est intéressé par les parties dures, os, tendons et ligaments qu'il est capable de digérer.
Il n'est pas pressé car, dans ce domaine, il n'y a pas concurrence. Il est le seul rapace à avoir ce régime. Même les carcasses anciennes sont consommées. Comme déjà dit plus haut, les os trop volumineux sont emportés en vol, tenus du bec puis lâchés et cassés sur les rochers. Il n'a plus qu'à ramasser les morceaux. Le menu parait étonnant, mais ça fonctionne. La moelle des os est riche en protides et en lipides. Dans la nature, rien ne se perd !En cas de pénurie, il peut se rabattre sur de petits vertébrés morts, auquel cas il les avale d'un seul coup. Chez nous, c'est la marmotte qui peut figurer au menu. On l'a même vu avaler des pelotes de Hibou grand-duc riches en restes osseux.
Reproduction nidification
Le gypaète est monogame. Le couple possède sur son territoire plusieurs aires qu'il utilise en alternance.
Celles-ci approchent les 2m de diamètre et sont situées sous un surplomb rocheux à l'abri des intempéries. Elles sont faites essentiellement de branchages et "décorées" de laine de mouton, de restes de peaux, etc. L'aire de l'année est réaménagée en automne car la ponte est précoce et peut intervenir dès décembre et jusque début mars en Europe.La femelle y pond deux oeufs à l'intervalle de 5 à 7 jours et l'incubation débute dès le premier oeuf pondu, ce qui fait que l'ainé aura autant d'avance dans son développement sur le cadet. Les deux adultes participent aux différent tâches. L'incubation prend jusqu'à 56 jours. L'envol du jeune n'interviendra qu'à l'âge de 4 mois en moyenne. La reproduction aura donc demandé plus de 6 mois.
En général l'ainé, agressif, tue le cadet. C'est ce qui explique le faible succès reproducteur de l'espèce (0,6 à 0,9 jeune par couple reproducteur dans les Pyrénées) qui sera contrebalancé par la grande longévité.
Distribution
Le Gypaète barbu occupe les régions montagneuses d'Eurasie, des Pyrénées et des atlas marocains à l'ouest aux montagnes de Mongolie et de Chine centrale à l'est en passant par la Turquie, l'Iran, l'Afghanistan et l'Himalaya.
Une sous-espèce, "meridionalis", se trouve dans l'est africain (Ethiopie, Kenya, Lesotho et Afrique du Sud).
L'espèce est sédentaire.
Menaces - protection
Statut de conservation IUCN
mineure
à l'état sauvage
menacé
évalué
Le Gypaète barbu a subi un déclin pour diverses raisons, au point qu'il est à présent considéré au niveau mondial "Near Threatened" (CITES), soit en français "Presque menacé".
En France, après un déclin avéré, il se porte mieux et le nombre de couples des Pyrénées est en hausse et celle des Alpes se développe aussi grâce à un programme de réintroduction.
La protection intégrale dont l'espèce jouit chez nous n'est certainement pas étrangère à ce mieux, mais il ne faut pas lâcher les rênes. Les principaux facteurs de mortalité imaginables sont l'empoisonnement, le tir intentionnel et la collision avec une ligne aérienne.
Références utilisées
- Birds of the World, The Cornell Lab of Ornithology
- xeno-canto, Sharing bird sounds from around the world,
- IOC World Bird List (v15.1), Gill, F and D Donsker (Eds). 2025-12-07.
Autres références utiles
- Accipitriformes
- Aegotheliformes
- Ansériformes
- Apodiformes
- Aptérygiformes
- Bucérotiformes
- Caprimulgiformes
- Cariamiformes
- Casuariiformes
- Charadriiformes
- Ciconiiformes
- Coliiformes
- Columbiformes
- Coraciiformes
- Cuculiformes
- Eurypygiformes
- Falconiformes
- Galliformes
- Gaviiformes
- Gruiformes
- Leptosomiformes
- Mesitornithiformes
- Musophagiformes
- Nyctibiiformes
- Opisthocomiformes
- Otidiformes
- Passériformes
- Pélécaniformes
- Phaethontiformes
- Phoenicoptériformes
- Piciformes
- Podargiformes
- Podicipédiformes
- Procellariiformes
- Psittaciformes
- Pterocliformes
- Rhéiformes
- Sphénisciformes
- Steatornithiformes
- Strigiformes
- Struthioniformes
- Suliformes
- Tinamiformes
- Trogoniformes

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